La saison des conserves
Ah, l’automne, les odeurs de coings, de châtaignes et de pulmex… Comme il fait un temps à tester sa cocotte minute ou à tricoter des chaussettes, deux compétences qui me sont totalement étrangères, je profite de revenir sur une question qui m’est fréquemment soumise au musée.
Depuis plus de deux ans, de nombreuses personnes m’ont demandé conseil à propos de la conservation de leurs fonds privés d’archives photographiques. Plusieurs cas de figure m’ont été soumis, selon les supports, l’âge et l’état clinique des photographies.
Tel visiteur souhaite savoir comment préserver les plaques de verre de son grand-père. Telle héritière souhaite numériser les images de sa famille, cela sur plusieurs générations, etc.

Je ne vais pas ici établir de directives sur ce genre de conservation, ou encore être exhaustive sur le mode de procéder, chaque cas ayant ses particularités. Toutefois, de nombreux problèmes se posent souvent, et les plus fréquents qui remontent à la surface sont:
* le coût de l’opération
* le savoir-faire technique
Voici, d’après ma pratique et quelques vérifications auprès de Christophe Brandt, directeur de l’ISCP, quelques remarques très générales qui peuvent se révéler utiles.
1. bien manipuler
Pour tous les supports photographiques (verre, papier, film, métal, etc.), il est important de porter une extrême attention à la manipulation, qui est une des causes les plus importantes de dommages. Il faut donc porter des gants de coton, comme par exemple ceux-ci, qui ont le mérite d’exister en tailles “fille” et “garçon”, mais bon, ça…
Il faut impérativement éviter de toucher l’image, la gélatine, et de manière générale veiller à ne lui causer aucune pliure, mouillure ou piétinure supplémentaire.
Je sais. Tout cela est banal, mais mérite d’être rappelé tout de même, croyez-moi.
2. identifier le support
Attention. Je ne vous suggère pas ici de savoir nommer avec une précision absolue le procédé utilisé, quoique… Pour vous aider à savoir à quoi vous avez affaire, vous pouvez jeter un oeil à un de ces ouvrages:
- (re)Connaître et conserver les photographies anciennes de Bertrand Lavédrine, CTHS (2007) ISBN 9782735506323
- Le vocabulaire technique de la photographie, sous la direction
de Anne Cartier-Bresson, Marval (2008), ISBN 9782862344003 (Marval), ISBN 9782759600366 (Paris Musée)
Vous pouvez également demander autour de vous (à un photographe, un spécialiste ou autre) quelques informations sur la technique utilisée. En gros, il s’agit surtout de savoir comment empoigner le problème: votre identification sommaire permettra de savoir quelle méthode utiliser, quel matériel vous procurer, etc. Au besoin, vous pouvez faire une photo de l’objet et la faire parvenir à la souris qui vous aidera rapidement dans la mesure de ses moyens, promis. Je signale tout de même que cette aide concernerait uniquement l’identification du procédé, et en aucun cas une estimation de la valeur des photos, cela étant contraire au code de déontologie de l’ICOM (article 5.2).
3. un matériel adapté
Pour préserver les photographies, il y a un mot d’ordre, ou non, plutôt deux: “NON ACIDE”. L’acidité et les adhésifs causent des dommages rapides et certains au images. Il vous sera inutile de vous munir de pergamine (ou papier-crystal) solution coûteuse et hasardeuse, mais en revanche, il sera important d’emballer vos photos dans du papier non-acide.
Pour les tirages, vous pouvez trouver des enveloppes (préférez les “feuilles-pliées-en-deux” aux enveloppes fermées qui vous obligent à manipuler plus difficilement l’image par la suite), et pourquoi pas les confectionner vous-même si vous avez du temps, mais n’utilisez aucun adhésif, aucune colle, bien évidemment.
Pour les plaques de verre, vous trouvez des pochettes à rabats qui permettent un conditionnement aisé et sûr.
En Suisse, voici quelques adresses où vous procurer ces éléments:
Conservus :
Industriestrasse 8
Postfach 264
CH-8618 Oetwil am See
Tel 043 844 95 80
Fax 043 844 95 81
email info@conservus.ch
CONS ARC:
Guido e Daniela Giudici
Via F.Borromini 2
CH-6830 Chiasso
tel + 41 91 6837949
laboratorio@consarc-ch.com
Tschudi + Cie AG:
Bahnhofstrasse
Postfach
CH-8754 Netstal
Tel. +41 55 646 26 26
Fax +41 55 646 26 27
feinpappen@tschudi.com
Le conditionnement se poursuit également par des boîtes de rangement en carton non-acide. Veillez à ne pas prévoir de trop grandes boîtes pour les plaques de verre et à ne pas les surcharger. Outre le danger important de bris de glace (parce que oui, le verre, ça se casse), vous maudiriez cette petite économie à chaque manipulation.
Il va de soi que l’usage de feutres, markers, stylos ou autre encre est une très mauvaise idée durant votre entreprise de conservation. Les seules indications (numéro d’inventaire ou cote) que vous aurez besoin d’inscrire sur les objets se feront au crayon de papier.
Notez encore que les photographies qui sont fixées sur des cartons, albums ou autre supports de “présentation”, dans la mesure du possible, devraient être désolidarisées de ces matières acides. Parfois, le photographe aura utilisé des petits coins de plastique pour les y attacher, ce qui rend cette opération aisée. En revanche, ne tentez pas de détacher vous-même des tirages collés, de diluer des adhésifs, etc. Ceci est l’affaire d’un restaurateur et vous causeriez des dommages irréversibles.
4. numériser
Si vous souhaitez digitaliser les images à la maison, vous avez deux choix: le scan ou la reproduction. Un scanner de bonne qualité vous permettra d’obtenir des fichiers des documents opaques et transparents, donc d’utiliser le même outil pour les négatifs, diapositives et tirages, mais donnera souvent de mauvais résultats sur un daguerréotype, par exemple, qui mérite d’être reproduit en tenant compte de l’incidence des rayons lumineux sur la surface “miroir”.
Si vous avez le matériel nécessaire, et les compétences qui l’accompagnent, vous pouvez également installer un banc de reproduction et rephotographier chaque image (avec table lumineuse et autres stratagèmes pour les diaphanes). Ceci vous permettra de numériser aussi les plus grands formats, qui ne passeraient pas dans un scanner lambda.
Optez plutôt pour un format tel que tiff ou jpg, ne misez pas sur une rareté que vous ne sauriez plus lire dans quelques années. Soyez également conscients qu’un support numérique est extrêmement fragile (certainement plus que la photographie que vous numérisez) et que sa durée de vie est très courte: “Un disque dur conserve ses données en moyenne entre 3 et 6 ans. Un CD-R ou un DVD entre 5 et 10 ans. C’est encore pire avec un DVD Blu-ray ou la mémoire flash des clés USB”, voir cet article récent de Luc Debraine dans Le Temps.
5. quand c’est trop tard
Trop tard veut dire que l’image est dans un état qui démontre que le processus d’autodestruction est trop avancé pour pouvoir faire quoi que ce soit. Le contenu visuel peut être enregistré, numérisé, pour en sauver au moins son état “actuel”. Trop tard, ici, peut aussi dire que votre compétence de conservateur privé s’arrête là, et qu’un spécialiste sera votre seul allié. Pour sauver une image, si vous devez décoller une étiquette, si l’état clinique de la photographie montre des déteriorations graves, si vous devez désolidariser un tirage de son support acide qui le ronge, ou démonter un daguerréotype pour l’assainir, dans tous les cas, seul un passage chez le restaurateur photo est indiqué.
6. stocker
Pour le reste, vous aurez compris: mettez au frais et au sec, à l’abri de la lumière, et tenez hors de portée des enfants.
Peu de gens (et même de musées) disposent d’un réfrigérateur puissant ventilé à hygrométrie stable. Ce serait pourtant le lieu indiqué pour les tirages chromogènes et d’autres supports. Les conditions de stockage se rapprocheront donc le plus possible de cela.
Conserver en privé
Nous devons souvent aiguiller des donateurs généreux et soucieux de déposer des photos de famille dans notre institution, vers d’autres musées ou archives, car bien souvent ces photographies privées n’entrent pas dans notre politique de collection (liée à d’autres critères). Parfois, un musée historique, local ou alors spécialisé en photographie, mais pas dans le domaine “exclusif” de la technique, se révèle plus à même de traiter et conserver ces photographies. Leur intérêt iconographique, culturel ou artistique entre souvent plus précisément dans leurs missions patrimoniales. Or, parfois, ces musées ne peuvent tout de même pas les prendre en charge, car tous ces fonds privés n’ont pas un intérêt suffisant pour faire partie de leurs collections. Dans ces cas-là, il est toujours mieux de proposer aux héritiers de conserver eux-même, et dans de bonnes conditions, ces fonds d’images, car ils s’inscrivent en tous les cas dans leur histoire familiale, dans leur mémoire privée, et seront traités dans le lieu même où se trouve l’information. Il serait donc bon de récolter le maximum de renseignements sans tarder, et de le consigner en relation avec les images. Au mieux faire un inventaire, même rapide, qui permettra d’organiser et de tirer parti du fonds. Mais au minimum, je vous conseille de garder toutes les informations à disposition et d’en collecter aussi dans le cercle familial, pour que les générations d’après ne se trouvent pas devant des images muettes.
Voilà, c’est tout pour l’instant.
Merci à Olivier d’avoir illustré avec brio le concept “gants de coton – carton non-acide”.
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Tags: archives, collection, conservation, photographie, prévention, privé, restauration
Ouvrir les cartons
Ces dernières semaines, les étagères du futur centre de documentation se sont nettement garnies d’archives et fonds divers, alors que quelques autres se dégarnissaient efficacement à quelques kilomètres d’ici.
Paralèllement aux activités de déménageuse de ma collègue archiviste, j’ai entrepris l’ouverture de certains fonds et ensembles à inventorier, conditionner et reproduire. C’est une réelle chaîne de traitement qui peut se mettre en place, avec au départ le matériel d’archivage (enveloppe en papier non acide pour les tirages, boîtes ad hoc, pochettes de mylar pour les négatifs ou diapositives, comme d’habitude), ensuite l’inventaire qui va du squelette “identification sommaire-localisation” (histoire de ne pas égarer un document avant même de l’avoir traité, et d’être systématique dans la numérotation des ensembles) au remplissage progressif des champs de la base de donnée.
De l’inventaire utilisé, je vous avais déjà entretenus quelque peu, je crois. La pratique actuelle, qui vise à inventorier même sommairement les fonds présents dans la réserve qui n’avaient pas été traités, de manière à tout localiser, puis de fonctionner en flux tendu avec les nouvelles arrivées, m’amène à penser à plusieurs “phases” de traitement. Je vais très vite arriver à déterminer très précisément trois procédures de base qui fixe mes priorités pour le traitement des fonds selon trois degrés: identification – inventaire – recherche. Ces catégories sont déjà signalées depuis longtemps dans l’inventaire. Une fiche portant la mention “inventaire” indique par exemple que l’objet est non seulement identifié, localisé, conditionné, mais également que les champs importants ont été remplis: à propos de l’auteur, de la date, du mode d’acquisition, de l’état de conservation, et maints autres propos. Une fiche “recherche” signale que l’objet a fait l’objet d’une étude réelle.
Selon ce barême, en ce moment, j’inventorie. Et la chaîne continue entre les mains de la photographe du musée, qui reproduit chaque objet pour livrer les images sur le serveur. Celles-ci, en fin de parcours, sont liées à la base de données (et non “collées” dedans, pour éviter le surpoids du fichier). Le lien ainsi activé permet la consultation des images au sein même de l’inventaire sans alourdir son fonctionnement.
J’ai commencé l’ouverture des cartons par le fonds Hermann König…
Hermann Oskar König,
comme nous l’indique notamment le fabuleux outil en ligne FotoBE, est issu d’une famille de photographes de Thun. Pour les lecteurs qui ne liraient pas l’allemand, voici une traduction libre et rapide de sa biographie (en vue d’éviter l’usage de babelfish qui, pour cette première phrase, vous livre la chose suivante: “Hermann roi vient d’une famille de photographes connue du thon”):
Deux ans après le déménagement des König vers Soleure, le père Hans ouvre un commerce-atelier photographique. Comme son frère Hans, Hermann König apprend le métier auprès de son père (1925-1927). Il se perfectionne ensuite chez Franz Henn à Berne, puis devient collaborateur de Gaston de Jongh à Lausanne et de F. H. Jullien à Genève. Il passe ensuite chez Carl Koch à Schaffouse (1934-1936), et reprend l’affaire de son père à Kronenplatz, à Soleure. Il passe sa maîtrise en 1938. Il travaille une année plus tard au service photographique de l’exposition nationale suisse à Zürich, avant de passer le temps de guerre en tant qu’officier (lieutenant-colonel).
En 1941, l’école professionnelle de Berne emploie König comme premier enseignant en photographie, à raison d’une, puis de deux journées par semaine. Le reste de son temps est consacré à l’atelier soleurois. Le photographe prends également la tête de la rédaction de la Photorundschau, pour laquelle il travaillera jusqu’en 1984. A l’école de photographie veveysanne de Gertrude Fehr, Hermann König enseigne de 1947 à 1963. Lui qui s’était engagé très tôt pour la formation professionnelle des photographes, se voit désormais codiriger cette institution. Dès 1963, il ouvre à Vevey un studio de photographie publicitaire et le premier laboratoire couleur de la ville. Il quitte son poste à l’école pour se consacrer complètement à la photographie couleur et transmet son affaire en 1978 à sa fille Elisabeth et à son gendre Claude François. Il meurt le 2 mai 2001 à l’âge de 93 ans.
König s’est rendu célèbre pour ses portraits, notamment ceux du Général Guisan et de Heinrich Wölfflin. Il est possible de trouver également quelques indications à son sujet dans
HUGGER Paul, Das Berner Oberland und seine Fotografen. Von gleissenden Firnen, smarten Touristen unf formvollendeten Kühen, Thun, 1995.
Voilà pour la biographie. Au niveau pratique, la chose passionnante du fonds est qu’il comporte non seulement les tirages et négatifs de l’auteur, mais également de nombreuses indications de sa manière de travailler. Notamment, du côté “commercial”, les enveloppes nominatives des personnes portaiturées avec numéros d’identification et conditionnement d’origine, permettent de se rendre compte du “service” offert par König, du soin apporté à la livraison des images.
D’autre part certains ensembles (Général Guisan, le peintre Cuno Amiet, l’évêque François Von Streng, etc.) sont rassemblés différemment et comportent tous les stades et statuts de l’image: négatif retouché, tirage de presse, carte postale, planche contact, tirage “d’exposition”, etc.
Certaines indications nous renvoient également à la publication, aux usages différents d’un même portrait. Voici donc, à défaut de recherche, un premier aperçu au stade inventaire.
D’autre images sont visibles sur flickr.
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Tags: collection, fonds, inventaire, könig, msap, photographe, photographie
L’espace est un luxe
2009, jusqu’ici, a été une année riche en évènements au Musée suisse de l’appareil photographique, qui a célébré ses 30 ans en plus d’ouvrir deux étages de sa nouvelle exposition permanente (Aux origines de la photographie / Laterna Magica) et d’organiser un colloque d’un soir avec le soutien de Memoriav.
Ce blog a été (très) légèrement déserté pendant quelques temps, signe de la mobilisation massive des troupes sur le terrain veveysan. Chers lecteurs et survivants, merci de m’en excuser. Ce qui couvait également, et qui se met en place activement, est la création d’un centre de documentation dans un tout nouvel espace, prochainement ouvert au public.
Le centre de St-Antoine abritera toute la documentation technique et historique du musée, ainsi que la majeure partie des collections iconographiques, et Katia Bonjour, archiviste en chef (et fée du lieu) et moi-même pourrons y accueillir les chercheurs et autres intéressés.
Comme l’espace est un luxe, et les collections volumineuses, je profite donc de vous faire voir les étagères comme elles ne sont déjà plus… désertes.
Ce blog sera donc mon carnet de bord dans cette nouvelles structure, à la découverte des fonds iconographiques inexplorés et en route pour de nouvelles aventures!
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Brillons en société
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Compte rendu des Assises du Réseau Romand Science et Cité, Université de Neuchâtel, 29 et 30 janvier 2009
Durant deux jours, les assises ont rassemblé chercheurs, muséologues, acteurs politiques, scientifiques, sociologues et autres intéressés par le dialogue sciences-société autour du sujet “exposer des idées, questionner des savoirs”. Au fil des 8 conférences plénières et 8 ateliers, les participants ont pu voyager dans une multiplicité de points de vue, se frayer un chemin dans les approches diverses, s’enrichir finalement des expériences des autres domaines. Ainsi en est-il, en tous les cas, de la soussignée. C’est donc un compte-rendu partial, honteusement lacunaire et joyeusement adapté aux intérêts particuliers d’une institution, que vous pouvez lire ici.
Il a été question du dialogue entre les scientifiques et le public, bien évidemment, mais également des diverses missions patrimoniales ou informationnelles représentées par une audience composite. Représentants de musées, de la recherche et de médias s’alliaient donc dans le projet d’analyser et d’améliorer la transmission de la culture scientifique, entendue dans sa globalité (sciences de la nature et sciences humaines). Vaste perspective.
Après l’étude de la popularité des sciences auprès du grand public par Daniel Boy (Centre de recherches politiques de Sciences Po, Paris) et un retour sur le musée dans la période de la Révolution Française par André Desvallées (F), François Mairesse (directeur du Musée royal de Mariemont, B) a revisité les quarante dernières années des musées en prenant pour point de départ une réflexion étonnamment “visionnaire” de l’artiste Marcel Broodthaers, créateur du Musée d’art moderne, département des aigles (1968-1972), institution fictive et terrain expérimental fécond.
Un premier atelier intitulé “Virtualités: musées virtuels et présence muséale sur Internet” a permis deux choses:
Premièrement, on constate à quel point Internet est toujours et encore capable d’enflammer le débat entre acteurs du patrimoines (qu’ils soient pour le “tout en ligne” ou fermement accrochés à une divulgation confidentielle de l’original). Il y a, à ce sujet, une compréhension réellement difficile de l’outil et de la diversité des institutions qui l’utilisent. Presque un relent émotionnel qui grippe la communication. Les fonctionnalités du web paraissent souvent mal comprises, les risques diabolisés. Cela dit – et c’est mon deuxièmement – l’atelier a offert un panorama très vaste des bouleversements récents, offert quelques pistes des réflexions, afin d’adapter au mieux l’outil aux besoins de l’utilisateur.
La seconde journée s’est ouverte sur une conférence plénière passionnante de Roland Schaer (Cité des Sciences et de l’Industrie, Paris) sur la notion de responsabilité dans la culture scientifique. L’occasion pour lui de revisiter les théories d’autres chercheurs et de localiser cette responsabilité entre le savoir “technique” et le savoir “d’anticipation” et de dégager de réelles pistes pour l’organisation de grands débats publiques. Soudain, la pause café a résonné de questionnements multiples sur la confrontation des partis dans les grands débats. Est-il possible de faire dialoguer évolutionnistes et créationnistes? Un débat publique sur la question des nanotechnologies ou des OGM est-il efficacement programmable? Quelles sont les modalités de ce dialogue? Qu’en est-il du risque de voir les champs de forces se muer en voies parallèles? Etc.
L’atelier “Politics of display, display of politics” était initié par deux interventions:
Exhibition experiments: publics, politics and scientific controversy, par Sharon Macdonald (Département d’Anthropologie sociale, Université de Manchester, UK) et Making things meaningful par Francesco Panese (Fondation Claude Verdan, Lausanne). Les deux points de vue ont amené la discussion sur un personnage insolite: le visiteur idéal. Il peut émerger, tel un portrait robot, des statistiques d’un musée, sortir, comme un génie de sa lampe, de la conversation entre conservateurs et scénographes lors de la conception d’une exposition, ou encore rester à jamais un oeil fantasmé, contrarié par la réalité du public de ce même musée. La discussion passionnante s’est poursuivie sur les attentes des visiteurs quand au contenu scientifique d’une institution, a mentionné les études qui démontrent la grande confiance du public dans les musées, et a posé la question d’une coprésence qui a parfois pu grincer: l’exposition temporaire créée pour susciter le débat au sein d’une exposition permanente classique, où le savoir s’énonce linéairement. En effet, il est difficile de changer de dialogue au sein d’une même institution et de passer de l’explication scientifique au questionnement sur un thème, qu’il soit controversé, actuel, éthique, ou même expérimental.
Finalement, l’”espace du possible”, entamé par le discours de Helvetus 4, roi de Suisse, et poursuivi par les conférences De l’utilité de l’erreur en science par Girolamo Ramunni (Conservatoire national des arts et métiers, Paris), De la censure relative à la censure absolue par Michel Thévoz (historien de l’art, ancien directeur de la Collection de l’Art brut, Lausanne) et Qu’est-ce qui est (encore) tabou dans l’art? par Bernard Fibicher (directeur du Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne), a ramené la discussion progressivement sur la multiplicité des savoirs et questionnements présents au musée.
Alors, réunir dans un même dialogue chercheurs en biochimie et historiens de l’art, un projet trop ambitieux? Il y avait à l’Université de Neuchâtel a priori trop de points de vue à concilier, mais le colloque aura fait s’entrechoquer les avis pour montrer que toute science est susceptible de rencontrer tout public. La question du propos à employer est certes un art délicat. Échanger, l’espace de deux jours de travail, n’a pu être que fécond et prometteur.
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Tags: assises, cité, colloque, culture, muséologie, science, université
24 décembre et fin du calendrier
Le dernier jour de notre calendrier de l’avent est arrivé, et avec lui les fêtes de Noël.
Comme suggéré dans un commentaire, il s’agit d’une fenêtre à deux battants: l’une diurne, l’autre nocturne.
Ces deux images sont utilisées dans le Mégalethoscope de Merleau-Ponty et vous trouverez sous ce lien une image de la machine en question.
Je ne vous donne pas ici de détails sur cet objet précieux du musée (qui a fait l’objet d’une publication du musée et d’un projet Memoriav), mais vous signale que j’ai glissé une erreur monumentale dans ce texte. C’est l’énigme (très difficile) de ce jour et la clôture du calendrier de l’avent: Le Grand Concours du Compactus (GCC 2008).
Trouvez-la et vous remportez deux entrées gratuites pour le musée, ainsi que ma parfaite considération.
Joyeux Noël à vous et bonnes vacances!
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Tags: collections, megalethoscope, ponti
23 décembre
Officier de la gendarmerie vaudoise qui tient une “pelle à neige” pour photos éclairées au magnésium. La police routière s’est servie de cet équipement pour éclairer les scènes nocturnes d’accidents. Voir par exemple cette magnifique image d’Arnold Odermatt prise en 1965.
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Tags: collections, magnésium, photographie, police
22 décembre
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Tags: appareil, camera, canon, collections, photographie
20 décembre
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Tags: appareil, briquet, camera, collections, espion, photographie
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