Sténoflex

09Oct08

Un petit objet – ma foi fort divertissant – vient de faire l’apparition dans la boutique du musée, il y a quelque temps. Description:

Le Sténoflex, Sténopé mini labo est une chambre noire portative, percée d’un trou, et dans laquelle est placé un papier photographique que l’on expose devant un sujet, un objet ou un paysage. Chaque Sténoflex, sténopé mini labo est livré avec un sachet de 5 feuilles de papier sensible, d’un sachet de révélateur en poudre, d’un sachet de fixateur en poudre, une feuille de film inactinique, pour travailler dans l’obscurité et d’une notice d’utilisation.

Fort bien. Petite illustration:

stenoflex

Très mignon. Joli objet, expérience sympathique, belle idée, etc. Mais voilà, il y a un infime détail qui me chiffonne légèrement, moi:

La mise en valeur du produit, sur le site et sous sa forme imprimée (cartel de présentation pour la boutique) passe par une définition de la « philosophie » de Sténoflex. Le titre de ce chapitre philosophique n’est rien de moins que « Un Art à part entière »! Parfaitement! Car sachez, mes très chers, que

« À l’ère du tout numérique, de tout contrôlable et du tout prévisible, le Sténoflex, Sténopé mini labo ouvre de nouvelles perspectives de création pour notre imaginaire. Non seulement, il permet de revivre toute la magie et la poésie des premiers temps de la photographie. Mais il donne aussi à chacun les moyens de faire d’un procédé technique, un art à part entière. »

Remarquez, je ne devrais pas trouver ça excessivement schématique et idiot; une partie de mes photos de famille sont réalisées avec une Holga ou une Diana, qui ont pris la place de mon appareil polaroid sx70. Le Lomo, c’est tellement hype, évidemment.
Pas opposée aux dispositifs minimalistes, encore moins aux expérimentations les plus variées (voire avariées parfois). Mais la nuance subtile se situe ici: je ne suis ni photographe, ni artiste, et aucun appareil, aussi puissamment argentique qu’il soit, ne déterminera jamais la valeur artistique des mes images. Car c’est bien là l’aspect le plus vain et niais de cette mode (hypitude des dispositifs simples ou anciens). On va finir par prendre le simple fait d’acheter un rouleau de pellicule 120, noir-blanc de surcroît, ou de mettre les mains dans les produits pour une promotion esthétique, un certificat de qualité artistique. Peu importe ce qui viendra se fixer sur le film, tant que l’on conserve ce lien ombilical sacré qu’est l’indice dans son acceptation la plus … argentique. L’image est magique, non contrôlable, non prévisible, au plus près de la nature profonde de la photographie, etc. etc.

Je me dis parfois que le simple fait d’expérimenter une chose (le sténopé, les photogrammes ou les 20km de Lausanne, par exemple) devrait être un plaisir suffisant. Qu’on pourrait même le trouver vivable sans cette illusion de carrière artistique s’ouvre soudain devant nous… mais bon, c’est tellement tendance tout ça…

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