Ouvrir les cartons

06Oct09

Ces dernières semaines, les étagères du futur centre de documentation se sont nettement garnies d’archives et fonds divers, alors que quelques autres se dégarnissaient efficacement à quelques kilomètres d’ici.

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Paralèllement aux activités de déménageuse de ma collègue archiviste, j’ai entrepris l’ouverture de certains fonds et ensembles à inventorier, conditionner et reproduire. C’est une réelle chaîne de traitement qui peut se mettre en place, avec au départ le matériel d’archivage (enveloppe en papier non acide pour les tirages, boîtes ad hoc, pochettes de mylar pour les négatifs ou diapositives, comme d’habitude), ensuite l’inventaire qui va du squelette « identification sommaire-localisation » (histoire de ne pas égarer un document avant même de l’avoir traité, et d’être systématique dans la numérotation des ensembles) au remplissage progressif des champs de la base de donnée.

De l’inventaire utilisé, je vous avais déjà entretenus quelque peu, je crois. La pratique actuelle, qui vise à inventorier même sommairement les fonds présents dans la réserve qui n’avaient pas été traités, de manière à tout localiser, puis de fonctionner en flux tendu avec les nouvelles arrivées, m’amène à penser à plusieurs « phases » de traitement. Je vais très vite arriver à déterminer très précisément trois procédures de base qui fixe mes priorités pour le traitement des fonds selon trois degrés: identificationinventaire recherche. Ces catégories sont déjà signalées depuis longtemps dans l’inventaire. Une fiche portant la mention « inventaire » indique par exemple que l’objet est non seulement identifié, localisé, conditionné, mais également que les champs importants ont été remplis: à propos de l’auteur, de la date, du mode d’acquisition, de l’état de conservation, et maints autres propos. Une fiche « recherche » signale que l’objet a fait l’objet d’une étude réelle.

Selon ce barême, en ce moment, j’inventorie. Et la chaîne continue entre les mains de la photographe du musée, qui reproduit chaque objet pour livrer les images sur le serveur. Celles-ci, en fin de parcours, sont liées à la base de données (et non « collées » dedans, pour éviter le surpoids du fichier). Le lien ainsi activé permet la consultation des images au sein même de l’inventaire sans alourdir son fonctionnement.

J’ai commencé l’ouverture des cartons par le fonds Hermann König…

Fonds Hermann König

Hermann Oskar König,
comme nous l’indique notamment le fabuleux outil en ligne FotoBE, est issu d’une famille de photographes de Thun. Pour les lecteurs qui ne liraient pas l’allemand, voici une traduction libre et rapide de sa biographie (en vue d’éviter l’usage de babelfish qui, pour cette première phrase, vous livre la chose suivante: « Hermann roi vient d’une famille de photographes connue du thon »):

Deux ans après le déménagement des König vers Soleure, le père Hans ouvre un commerce-atelier photographique. Comme son frère Hans, Hermann König apprend le métier auprès de son père (1925-1927). Il se perfectionne ensuite chez Franz Henn à Berne, puis devient collaborateur de Gaston de Jongh à Lausanne et de F. H. Jullien à Genève. Il passe ensuite chez Carl Koch à Schaffouse (1934-1936), et reprend l’affaire de son père à Kronenplatz, à Soleure. Il passe sa maîtrise en 1938. Il travaille une année plus tard au service photographique de l’exposition nationale suisse à Zürich, avant de passer le temps de guerre en tant qu’officier (lieutenant-colonel).

En 1941, l’école professionnelle de Berne emploie König comme premier enseignant en photographie, à raison d’une, puis de deux journées par semaine. Le reste de son temps est consacré à l’atelier soleurois. Le photographe prends également la tête de la rédaction de la Photorundschau, pour laquelle il travaillera jusqu’en 1984. A l’école de photographie veveysanne de Gertrude Fehr, Hermann König enseigne de 1947 à 1963. Lui qui s’était engagé très tôt pour la formation professionnelle des photographes, se voit désormais codiriger cette institution. Dès 1963, il ouvre à Vevey un studio de photographie publicitaire et le premier laboratoire couleur de la ville. Il quitte son poste à l’école pour se consacrer complètement à la photographie couleur et transmet son affaire en 1978 à sa fille Elisabeth et à son gendre Claude François. Il meurt le 2 mai 2001 à l’âge de 93 ans.

König s’est rendu célèbre pour ses portraits, notamment ceux du Général Guisan et de Heinrich Wölfflin. Il est possible de trouver également quelques indications à son sujet dans

HUGGER Paul, Das Berner Oberland und seine Fotografen. Von gleissenden Firnen, smarten Touristen unf formvollendeten Kühen, Thun, 1995.

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Voilà pour la biographie. Au niveau pratique, la chose passionnante du fonds est qu’il comporte non seulement les tirages et négatifs de l’auteur, mais également de nombreuses indications de sa manière de travailler. Notamment, du côté « commercial », les enveloppes nominatives des personnes portaiturées avec numéros d’identification et conditionnement d’origine, permettent de se rendre compte du « service » offert par König, du soin apporté à la livraison des images.

D’autre part certains ensembles (Général Guisan, le peintre Cuno Amiet, l’évêque François Von Streng, etc.) sont rassemblés différemment et comportent tous les stades et statuts de l’image: négatif retouché, tirage de presse, carte postale, planche contact, tirage « d’exposition », etc.
Certaines indications nous renvoient également à la publication, aux usages différents d’un même portrait. Voici donc, à défaut de recherche, un premier aperçu au stade inventaire.
D’autre images sont visibles sur flickr.

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guisan enveloppe

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guisan 51929 verso

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